08 janvier 2008
Aux membres du PCF de Béziers, le 08.01.08
Adresse ouverte aux membres du PCF de Béziers.
Béziers, le 08.01.08.
Chers camarades,
Depuis ces dernières semaines, nous avons longuement discuté de la possibilité de faire une liste. Au cours de ces discussions, nous avons été amenés à chaque fois à établir les points précis qui faisaient accord entre nous.
En effet, vous considérez, de notre point de vue à juste titre, que l’Union européenne, ses directives et ses traités, particulièrement le traité de Maastricht, représentent autant d’armes pour liquider les 36 000 communes, les services publics, les bureaux de poste, les écoles et l’ensemble des services sur lesquels la population s’appuie tous les jours pour vivre.
Au cours des discussions que nous avons eues entre nous, il a été établi que l’intercommunalité est un piège visant à détruire la démocratie républicaine telle qu’elle s’est constitué, en liquidant les compétences des communes au profit d’établissement dans lesquels elles n’ont plus aucun pouvoir.
Nous avons constaté ensemble que les services publics, notamment les écoles, sont menacés par l’intercommunalité et par le pacte de stabilité de Maastricht qui impose partout la réduction des déficits publics. C’est tout le sens du projet des EPEP qui menace immédiatement de fermeture des milliers d’écoles partout en France, cela dans le but de réaliser les « économies d’échelle ».
Nous considérons ensemble que l’Union Européenne et les directives de la commission de Bruxelles, loin d’être des écrans de fumée, ont des conséquences dans la gestion municipales quotidienne, et que pour répondre au 55% de Français qui ont voté NON le 29 mai 2005, il est nécessaire que les élus ne se fassent à aucun moment le relais de ces plans destructeurs. Comment par exemple poser la question de la défense des bureaux de poste, si l’on ne dit pas un mot des directives européennes ? Nous savons vous et nous, que ceux qui se prononcent pour la défense des services publics tout en acceptant le cadre de l’union européenne nous conduisent dans l’impasse.
D’où la nécessité de rompre avec les politiques dictées par l’Union Européenne. Ce n’est qu’à cette condition, de notre point de vue, que la démocratie politique et sociale de notre pays pourra revivre, et que les partis politiques pourront avoir une existence et pourront être défendus.
Lors de la dernière réunion, nous avions accepté un texte écrit par vos soins ; texte de compromis qui, sans nous satisfaire entièrement, nous permettait d’avancer et de décliner les revendications. La LCR a alors proposé un texte différent en expliquant que l’union européenne et les traités, tout cela n’était qu’un « écran de fumée » (!!).
Or vous nous proposez un texte qui contient des éléments qui ne font pas accord entre nous, qui représente une divergence importante avec nos propres positions, mais surtout, qui ne rentrent pas dans le cadre d’une liste d’unité aux municipales.
Ainsi quand vous écrivez : « En effet la droite, mais aussi la social-démocratie, tout en consolidant son emprise sur la conduite des affaires de la France… ».
Est-ce le cadre des élections municipales de poser ce type de problème, doit-on en faire un préalable ? Nous pensons pour notre part que les travailleurs sont confrontés aux problèmes de leurs directions historiques. La sociale-démocratie est elle la seule responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons ? Nous estimons, et nous sommes prêts à en discuter avec vous dans un autre cadre approprié et à un autre moment, que l’appareil international du stalinisme a été tout autant destructeur pour la classe ouvrière, et que sa politique a conduit a des défaites historiques pour les travailleurs à certaines époques, et cela, partout dans le monde. Ce qu’il reste de cet appareil n’en continue pas moins à agir, on le voit par exemple avec le rôle joué par Gayssot – mais pas seulement-, qui a privatisé tout ce que l’Union Européenne exigeait (notamment Air France, mais aussi la SNCF) lors de son passage au ministère des transports au sein de la gauche plurielle.
De même, la politique que mène la LCR et ses organisations sœurs dans le monde, n’est pas sans conséquence : on a vu le résultat désastreux en Italie avec le vote à la fois des crédits de guerre pour intensifier les bombardements contre l’Afghanistan, et des plans de l’Union européenne (budget d’austérité, coupes franches dans les budgets sociaux…) par les sénateurs membres de la coalition Prodi et amis de Besancenot (Sinistra Critica). En France l’ultra médiatisation de ce dernier s’accompagne d’un silence hallucinant pour ne jamais dire le moindre mot des plans de l’Union européenne et des conséquences du traité de Maastricht.
Nous ne demandons à personne d’être d’accord avec nous sur cette analyse. Mais doit-on introduire dans notre discussion sur les municipales le rôle des appareils issus du stalinisme et de la sociale-démocratie ?
Ensuite, lorsque vous expliquez : « Chacun sait combien la marge à occuper contre le capitalisme est étroite au niveau municipal jusqu’au moment où la conscience politique des citoyens permettra les véritables ruptures. »
Nous estimons pour notre part que ce qui empêche de remplir le mandat confié par le peuple Français le 29 mai 2005 n’est pas le « niveau de conscience politique » des citoyens (qui se sont exprimés à 55% contre les politiques dictées par l’Union européenne), mais la classe politique actuelle de tous bords qui, appuyée largement par les médias, empêche toute possibilité de poser la nécessité de rompre avec l’Union européenne, foulant ainsi aux pieds l’aspiration des millions de travailleurs de part le monde.
Expliquer aujourd’hui que ce qui empêche la rupture avec l’Union européenne serait le fait que les travailleurs n’ont pas de conscience, c’est de notre point de vue faire retomber sur les travailleurs et les jeunes la responsabilité des trahisons de tous ceux qui se font les relais de l’Union Européenne.
Ces propos n’engageant que nous, doit-on, là aussi, avoir cette discussion et en faire un préalable ?
Nous estimons donc que le reste du texte pourrait faire l’objet d’un compromis, pour avancer avec vous sur les revendications concrètes permettant de traduire notre rejet commun des plans de l’Union européenne, notre attachement à la défense des services publics et des communes.
Veuillez recevoir, chers camarades, l’expression de nos sentiments les meilleurs.
La section du Parti des travailleurs de Béziers.
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